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samedi 28 avril 2018

Et moi je peux faire quoi ?

Du 3 au 14 avril 2018, vous avez pu découvrir l’exposition « Et moi je peux faire quoi ? » regroupant plusieurs associations présentes près de chez vous : Amnesty International, Artisans du monde, la Croix-Rouge, Les Restos du cœur, et UNICEF. Des associations différentes mais agissant dans un même but : la défense des plus démunis. 

Abordant des thèmes d’actualités, qui nous interrogent tous (immigration, droits humains, droits et la protection des enfants, santé pour tous, aide aux plus démunis, commerce équitable, etc.)  l’exposition présentait les actions souvent trop méconnues de ces associations.

Les animations autour de l’exposition :

Et parce que l’engagement n’est pas réservé aux adultes, la visite de collégiens a permis de les sensibiliser aux problèmes migratoires. Les témoignages des bénévoles d’Amnesty International et d’UNICEF leur ont fait découvrir les moyens d’action pour venir en aide aux populations en crise.  
Autre moment fort, une démonstration des gestes de premiers secours par la Croix-Rouge, le mercredi 11 avril. L’occasion, pour les petits et les grands, d’apprendre ou de réapprendre, le temps d’un après-midi, les gestes qui sauvent. 
Pour clore cette exposition, samedi 14 avril, des représentants de chaque association étaient réunis pour partager avec vous l’expérience de leur engagement, les causes défendues par leurs associations et les actions que mènent celles-ci. Une belle opportunité de découvrir davantage les possibilités d’action dans votre région !

Paroles de bénévoles : 

Et être bénévole, c’est quoi ? 
Tous s’accordent à dire qu’il s’agit d’abord d’un état d’esprit où l’on se décentre de soi pour donner à un tiers. Etre bénévole c’est « contribuer modestement au sauvetage de quelqu’un ». Parce qu’on ne sauve jamais l’humanité mais des individus. 
Générosité. Un mot qui revient systématiquement. Mais si les bénévoles donnent de leur temps et de leur personne, ils expriment tous « l’aventure humaine formidable » qu’est l’engagement dans une association. Car si les bénévoles donnent, ils reçoivent aussi également. Le bénévolat et  l’engagement comme moyen d’épanouissement personnel, une façon de se sentir utile et de mettre à profit ses compétences quelles qu’elles soient. 
Engagement. Un mot qui fait parfois peur, mais pas de panique ! S’engager dans une association peut parfaitement s’allier avec votre mode de vie. Engagement ne signifie pas sacrifice. L’aide que vous pouvez apporter aux associations s’adapte en fonction de vos disponibilités, de vos moyens personnels et financiers. Signature de pétition, soutien financier, dons de nourriture, de vêtements, permanences ou récolte de fonds, chaque aide est la bienvenue ! 
La majorité des bénévoles expliquent leur besoin d’engagement par un sentiment d’injustice généralisé et l’envie d’être acteur de la société. Une bénévole d’Amnesty International explique cet engagement par cette phrase « Un individu fait quelque chose pour un autre individu. » L’engagement devient alors un moyen de reprendre le contrôle dans un monde où il nous échappe. 


Pour agir dans un monde où l’on ne fait plus que subir, retrouvez les sites des associations :


Pour aller plus loin :



Une sélection disponible à la médiathèque : 


mercredi 7 mars 2018

Les figures de Sherlock Holmes

Tout le monde connaît Sherlock Holmes, personnage désormais culte, créé par Athur Conan Doyle, en 1887.
Mais saviez-vous que, du premier roman (Une étude en rouge) au dernier recueil de nouvelles (Les archives de Sherlock Holmes) on compte 40 années et pas moins de 4 romans et 56 nouvelles ?

On pourrait croire que Conan Doyle a tout dit sur son détective, et bien non ! Sherlock Holmes est l'un des personnages de fiction les plus repris et adapté, que ce soit de manière fidèle ou parodique, et sur tous les média imaginables ou presque : radio, cinéma, télévision, bande-dessinée et même jeux de société et jeux vidéo.

Parmi cette production pléthorique, je vous propose de découvrir trois adaptations :


# 1 La Maison de soie, d'Anthony Horowitz (2011)

Sous-titré "Le nouveau Sherlock Holmes", ce roman  est une commande des ayants droit, 81 ans après la mort de Conan Doyle. Et c'est à Anthony Horrowitz qu'incombe l'immense honneur d'écrire une nouvelle aventure de Sherlock Holmes.

Comme toujours, c'est Watson qui nous conte les aventures de son ami, Sherlock Holmes. Mais cette fois-ci, il est bien embarrassé : l'enquête de la maison de soie est certainement la plus sombre et la plus choquante qu'ait mené le détective. Elle est même tellement sinistre et terrifiante qu'il a expressément demandé à ce qu'elle ne soit publiée que 100 ans après la mort de Sherlock Holmes.
En 2011, le délai est écoulé et l'affaire peut enfin nous être dévoilée :

Très classiquement, l'aventure débute dans le salon du 221B Baker Street, par la visite de M. Carstairs, marchand d'art, qui vient consulter Sherlock Holmes car il est épié par un homme étrange portant une casquette plate. C'est ce détail, en apparence insignifiant, qui effraie particulièrement M. Carstairs.

Pour mener son enquête, Sherlock Holmes fait appel à ses "irréguliers", une bande de gamins des rues qui enquêtent discrètement pour son compte dans les quartiers les moins fréquentables de Londres.
Mais un des enfants disparaît. Et une certaine "Maison de soie" semble être impliquée...

Dans ce roman, Anthony Horrowitz réussit l'exploit d'écrire un livre tout à fait dans l'esprit de Conan Doyle, mais en y glissant des réflexions plus modernes sur la pauvreté et les inégalités de l'époque, notamment sur l'utilisation des enfants par Holmes. 

Bref, une belle réussite, saluée par la critique, qui a même amené Anthony Horowitz a écrire une suite Moriarty, du nom de l'ennemi juré de Sherlock Holmes. 


#2 Sherlock, série de Mark Gatiss et Steven Moffat (2010-....)

Il s'agit ici d'une série réalisée pour la BBC, chaîne publique britannique réputée pour ses adaptations de classiques anglais (Orgueils et préjugés par exemple).

On retrouve les mêmes personnages : Holmes et Watson bien-sûr, mais aussi leur logeuse Mrs Hudson, Mycroft, Moriarty, le commissaire Lestrade, etc.
On retrouve aussi les mêmes aventures puisque les scénarios reprennent pour la très grande majorité les histoires écrites par Conan Doyle.
Pourtant, il y a une différence de taille : l'action ne se déroule pas sous le règne de la Reine Victoria, mais de nos jours !

Le parti pris était risqué, mais il s'avère gagnant. La série a reçu de nombreuses récompenses Et, distinction ultime, elle a même été félicitée par la très sérieuse Sherlock Holmes Society of London qui a déclaré : "c'était tout ce que [la société] attendait, et même plus encore !"


# 3 Arthur et George, de Julian Barnes (2005)

Une fois de plus, nous avons affaire à un duo. Pas celui formé par Sherlock Holmes et Watson, mais par Arthur (Conan Doyle) et Georges (Edalji).
Si je n'ai pas besoin de vous présenter Conan Doyle, George, par contre, nécessite quelques précisions.
George Edalji n'est pas un personnage de fiction, mais un jeune avocat, contemporain de Conan Doyle qui, du fait de ses origines indiennes, fut victime de racisme. Quand un cheval fut retrouvé mutilé dans la petite communauté où il vivait, les soupçons se portèrent immédiatement sur lui et, à l'issue d'un simulacre de procès, George Edalji se retrouva condamné à sept années de travaux forcés.

Souvent qualifiée d'affaire Dreyfus britannique, l'histoire ne s'est heureusement pas arrêtée là ! Très vite, un comité de soutien s'est formé pour réclamer la réouverture du procès. Ce comité comptait des avocats, des intellectuels, des artistes et des écrivains, parmi lesquels Conan Doyle.

Pour défendre Dreyfus, Zola a écrit "J'accuse !", Conan Doyle, lui, s'est rendu sur la scène du crime pour interviewer les témoins, recouper les informations, observer le terrain ... Bref, il s'est transformé en détective ! Et c'est avec les méthodes d’investigation de Sherlock Holmes qu'il a réussi à démontrer que les preuves réunies par la police ne tenaient pas debout.

Le livre, qui fait se croiser les points de vue d'Arthur et de George, relate cette incroyable aventure. .... Et la BBC vient de l'adapter en série télévisée. La boucle est bouclée !



Cécile

mercredi 22 novembre 2017

America


En mars dernier, François Busnel, journaliste littéraire et Eric Fottorino, directeur de l’hebdomadaire Le 1 ont lancé une nouvelle revue trimestrielle consacrée à l’Amérique de Donald Trump, remarquablement illustrée et intitulée America.

Conscients que le public pouvait être saturé du sujet tant le président des Etats-Unis occupe le devant de la scène, entouré de journalistes commentant quotidiennement ses moindres faits et gestes, ils devaient donc trouver un angle original.

C’est tout naturellement que François Busnel a donné la parole "aux meilleurs écrivains français et étrangers". "Nous demandons à des romanciers de partir en reportage, de mener l’enquête, d’aller se promener aux États-Unis. Et de nous raconter ce qu’ils ont vu, dans des articles longs, dans la tradition de Cendrars, Steinbeck, London…", explique-t-il.

Et cela change tout !!!



Car si les reportages et les enquêtes sont variés, ils sont surtout écrits par des hommes et des femmes intelligents et inspirants, qui ont une autre vision de l’Amérique que celle de l’immédiateté.

Dans le 1er numéro, on suit avec intérêt un grand entretien de Toni Morrison (grande figure de la littérature américaine), Barack Obama nous parle de littérature, tandis qu’Alain Mabanckou nous emmène à Los Angeles… On trouve aussi une nouvelle inédite de Francis Scott Fitzgerald, un extrait du prochain Jay McInerney, un dossier sur Moby Dick….

Le 2e numéro ne déçoit pas, consacrant sa une à l’Amérique qui flanche au travers de Salman Rushdie, une nouvelle inédite de Chimamanda Ngozi Adichie, nous racontant une journée dans la vie de Melania Trump avant l’élection à la façon « Mrs Dalloway » de Virginia Woolf ou encore un entretien au long cours de Don DeLillo, ainsi qu’un extrait de son roman, Zero K.


Et tant de choses encore !

America est un "mook" à l’image de la revue XXI, c’est-à-dire une parution entre la revue et le livre. Trimestriel, il ne paraîtra que pendant 4 ans, soit le mandat de Donald Trump.

Les deux premiers numéros sont déjà à la Médiathèque, et chic, le troisième vient de sortir !




Martine

mercredi 4 octobre 2017

Carnets de Voyage à la Médiathèque : Nicolas Roux

Cette année encore, la Médiathèque s'associe avec l’Association "Il faut aller voir" qui organise le Festival Carnet de Voyage de Clermont-Ferrand.
Nicolas Roux, l'artiste que nous vous présentons pour cette édition, nous emmènera faire escale à des latitudes aux étonnants contrastes ! 

Du cercle polaire au tropique du Cancer, du froid au chaud, des lumières bleutées du Groenland à l’embrasement orangé d’un coucher de soleil sur le Nil, chaque destination, chaque culture est une nouvelle découverte que Nicolas Roux explore en mixant aquarelle, collages, calligraphie ou peinture sur photo. 
Alors, du Groenland à Louxor, venez faire le tour de la terre en quelques aquarelles.

Bienvenue à bord ! 


Nicolas Roux a toujours été passionné par le dessin, la photographie et les arts graphiques en général.
Son goût du voyage l’a progressivement amené à exprimer toutes ses passions à travers ses carnets de voyage, qu’il réalise en technique mixte avec dans son sac à dos, crayons, aquarelles, Nikon, ciseaux et tube de colle…

De par son métier (architecte) les villes et l’architecture restent un terrain de pratique de tous les instants, mais depuis quelques années, les pays du grand Nord sont devenus pour lui une destination privilégiée. Loin des foules de nos grandes métropoles, il découvre la beauté des grands espaces du Groenland, de l’Islande ou des îles Lofoten au nord de la Norvège. La magie des latitudes arctiques a opéré et son coup de cœur restera sans aucun doute sa croisière au Groenland sur la route des icebergs en baie de Disko.


Exposition "Escales du Groenland à Louxor", à la Médiathèque du 6 au 28 octobre.
Vernissage en présence de l'artiste le vendredi 6 octobre à 17h30. 
Présentation de l'exposition par l'artiste le samedi 7 octobre de 10h à 12h.


Pour en savoir plus : 











mercredi 29 mars 2017

Après les attentats, écrire l'horreur pour survivre

Comment survivre après ce qui s’est passé lors d’attentats, lorsque on a tout perdu, époux, enfants, amis, êtres chers, ou tout simplement comment vivre après le choc, la sidération, l’incompréhension, le mal-être.

Dans Vous n'aurez pas ma haine, d’Antoine Leiris, tout est raconté sous forme d’un journal, à partir du 13 Novembre 2015. 
Il est à son domicile et garde son fils de 17 mois, Melvil, pendant que son épouse Hélène est partie assister au concert de « Eagles of Death Metal », à la salle du Bataclan. 
Une certaine quiétude règne dans l’appartement, Melvil est couché, et Antoine lit tranquillement en attendant le retour de son épouse. Un simple coup de fil auquel il ne répond pas, un message laissé sur le répondeur va faire basculer la vie d’Antoine et de son fils dans l’horreur. 
Antoine Leiris a passé la nuit du 13 novembre à chercher Luna-Hélène. Il n’apprendra que le 14 novembre à 20 heures qu’elle n’est plus là. "Quelques hommes en colère ont fait entendre leur verdict à coups d’armes automatiques. Pour nous, ce sera la perpétuité", écrit-il.
Le 16 novembre, Antoine Leiris va aller reconnaître le corps de sa femme, à l’institut médico-légal, et il écrit : "Elle est aussi belle qu’elle l’a toujours été… Je pleure, lui parle, j’aimerais rester une heure encore, une journée au moins, une vie peut-être. Mais il faut la quitter. La lune doit se coucher. Le soleil, ce 16 novembre, se lève sur notre nouvelle vie…il était une fois. L’histoire d’un père et d’un fils qui s’élèvent seuls, sans l’aide de l’astre auquel ils ont prêté allégeance".
Le 24 Novembre,  jour des obsèques de son épouse, Antoine Leiris n’emmène pas Melvil, et écrit une lettre au nom de son fils : une lettre pour sa maman, qu’il ne reverra pas.
Quelques jours plus tard, il retourne au cimetière avec son fils, et Antoine Leiris écrit : "Toute ma vie est sous mes pieds".
Malgré le chagrin, malgré la douleur, malgré l’absence, "Nous serons toujours trois", assure-t-il. 

Dès le 16 Novembre, Antoine Leiris publie un post "Vous n’aurez pas ma haine" sur sa page Facebook. Il s’adresse aux terroristes, sans jamais les nommer. Il débute ainsi "Vendredi soir, vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n’aurez pas ma haine".  
Ce message fait  le tour du monde, la Une de plusieurs journaux, (Le Monde et Der Spiegel) et est partagé des millions de fois sur les réseaux sociaux. 
Cinq mois après les attentats, Antoine Leiris publie Vous n’aurez pas ma haine, un journal poignant (du 13 novembre au 25 novembre) récit des douze jours qui ont suivi la mort de son épouse.
Ce court récit montre comment il a dû gérer l’impensable,  l’horreur, le chaos dans sa vie et celle de son fils, et en même temps le quotidien de Melvil, la perte de son amour et de la mère de son enfant. 
Ces quelques pages sont poignantes, pleines de tendresse et d’émotions.
Sans elle, il décide de continuer à vivre.
Pour elle, il décide encore de poursuivre ce qu’elle avait commencé auprès de leur fils, d’installer une certaine normalité de vie, la lecture de livres pour le petit, de la même manière que le faisait son épouse, en sautant les pages trop dures ou en en changeant les fins trop cruelles, établir une playlist de chansons porte-bonheur, le conduire à la crèche, bref, protéger son enfant, et surtout vivre.

Une très belle leçon de vie à chaque ligne de son récit, et un désir de ne pas s’écrouler, voilà ce qu’il ressort du texte d’Antoine Leiris. Continuer.
Cette écriture de ces moments bien précis dans la vie d’Antoine Leiris, peut servir à tous d’exemple.

Coquillette

vendredi 20 janvier 2017

Michel Bussi

Michel Bussi, auteur de polar et politologue français de 51 ans est également professeur de géographie à l’université de Rouen. Sans faire de bruit, il est devenu l'un des écrivains les plus lus de France.
L’intrigue de la grande majorité de ses romans se déroule en Normandie, sa région de naissance, sauf pour le dernier, Le Temps est assassin, sorti en mai 2016, qui a pour décor la Corse, région d'origine de son grand-père. 
Il débute l'écriture dans les années 1990 avec un premier roman situé à l’époque du débarquement en Normandie. Ce dernier est refusé par l’ensemble des maisons d’édition. Il rédige des nouvelles et s’attelle à l’exercice de l’écriture de scénarios, mais sans succès. Il attendra dix ans pour que l’idée d’un roman, inspiré d’un voyage à Rome au moment du pic de popularité du Da Vinci Code de Dan Brown, s’impose. Ce succès d’édition ainsi que la lecture d’une réédition de Maurice Leblanc pour le centenaire d’Arsène Lupin le poussent à se lancer dans un travail d’enquêteur. De retour à Rouen, équipé de ses cartes d’IGN, il noircit les carnets jusqu’à proposer Code Lupin en 2006. Ce premier roman sera réédité 9 fois. Plusieurs années seront nécessaires pour que ces ouvrages voient leurs ventes s’envoler. Aujourd'hui, il publie environ un livre tous les ans. Ses romans, qui rencontrent un grand succès international, sont traduits dans 31 pays et les droits de plusieurs d’entre eux ont été vendus pour le cinéma et la télévision.


Mon coup de cœur : Les nymphéas noirs

L’action se déroule à Giverny, petit village tranquille où le peintre Claude Monet avait élu domicile. 
Au cœur de l’intrigue :
  • Trois femmes : Une fillette de onze ans douée pour la peinture, une institutrice redoutablement séduisante, et une vieille femme aux yeux de hibou qui voit tout et sait tout. 
  • Un meurtre : le cadavre d’un homme retrouvé dans la rivière. 
  • Un tableau secrètement gardé : Les nymphéas noirs et puis bien sûr une passion dévastatrice.
Tout ceci avec une écriture fluide. Je me suis laissée balader du début à la fin sans rien voir du dénouement. Une belle intrigue !
C’est aussi une balade magnifique dans un paysage merveilleux avec des personnages tellement vivants que j'ai eu l’impression d’être avec eux dans le jardin.

Aimant la peinture et la nature, j’ai apprécié la façon dont l’auteur tisse son œuvre, avec une association de faits réels pertinents et fictifs. Le tout sur fond de toile troublante où le tableau éclot à la fin à la surprise de chacun.
Un thriller que je relirai avec plaisir et une envie profonde d’aller faire un tour du côté de Giverny. Et, avant tout, un livre populaire pour un moment de détente.



A découvrir à la Médiathèque :


Nadège (en stage à la Médiathèque)

vendredi 6 janvier 2017

Yeruldelgger de Ian Manook


Quand on vous dit Mongolie, vous pensez à la steppe, au thé au lait fermenté, aux yourtes et aux visages des nomades ridés par le vent et le soleil ?

Vous trouverez tout cela dans le polar mongol de Ian Manook.
Mais vous découvrirez aussi des choses beaucoup moins plaisantes. Comme, par exemple, la dépouille d'une fillette de quatre ans, enterrée avec son tricycle dans cette steppe immense qui fait tant rêver les occidentaux.
Ou les corps pendus de trois prostituées mongoles, ainsi que les restes (oui, j'ai bien dit les restes) de chinois venus à la capitale, Oulan Bator, pour affaires.

Yeruldelgger est commissaire à Oulan Bator, ville qu'il sillonne de long en large, au gré de ses enquêtes. Solitaire, abîmé par la vie, bourru juste ce qu'il faut, et rusé comme un renard, il fait un personnage de commissaire idéal.
Entouré de ses fidèles disciples : Oyun, son adjointe sans peur et sans reproche, Solongo, médecin légiste et amante du commissaire, et Gantulga, un jeune garçon vivant dans les égouts qui rejoint l'équipe en cours de route, il mène son enquête tambour battant. 

Ian Manook de son vrai non, Patrick Manoukian, a un parcours d'écrivain assez extraordinaire. Jugez plutôt : pendant des années, il écrit plusieurs manuscrits, souvent non terminés, que sa fille cadette découvre au fur et à mesure. Mais un jour, elle refuse de continuer à le lire tant qu'il ne serait pas édité. Par défi, il se fixe un programme d'écriture plus qu'ambitieux : deux livres par an, dans des genres différents à chaque fois. Il publie ainsi en 2012 Le Temps du Voyage, petite causerie sur la nonchalance, et Les Bertignac, roman jeunesse qui obtient le prix Gulli. En 2013, il écrit Un roman brésilien, non encore édité, et enfin, Yeruldelgger,

Il n'avait pas prévu de décliner les aventures du commissaire mongol mais devant le succès rencontré (prix Quai du Polar/20 minutes, prix des lecteurs de Notre Temps, Grand prix des Lectrices ELLE et sélectionné par le prix SNCF du Polar), il publie une suite, Les temps sauvages, et un troisième tome, La mort nomade, qui vient de sortir.


Yeruldelgger appartient à cette lignée de polars que l'on dévore tout autant pour les retournements de l'enquête que pour la découverte d'un pays et d'une société. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si Ian Manook est souvent comparé aux auteurs nordiques qu'ils soient islandais (Arnaldur Indridason) ou suédois (Lackberg, Larsson, Mankell, etc.).

Pour ma part, j'ai découvert une Mongolie bien éloignée de l'image d'Epinal. Un pays raciste, pris en étau entre ses traditions et ses rituels séculaireset un capitalisme florissant mais destructeur, à l'image des paysans qui quittent les steppes pour installer leurs yourtes en bordure de la capitale, le long des autoroutes.

Bref, contrairement à l'auteur qui, dans un billet plein d'humour, nous énumère dix raisons de ne pas lire Yeruldelgger, je ne peux quant à moi, que vous conseiller de vous plonger au plus vite dans ses romans palpitants !






Cécile

vendredi 25 novembre 2016

Jean-Marie Chevrier

Jean-Marie Chevrier, dentiste de son état, vit en Creuse, mène une double carrière et a publié une huitaine de romans, dont Le dernier des Baptiste, sorti fin mars 2016 chez Albin Michel. 

Dans cet ouvrage, comme dans plusieurs des précédents, l’action se situe dans la Creuse, en Haute-Vienne, et aussi un peu à Vichy. Pas de date pour situer l’action, mais seulement une époque où l’on voit les petites propriétés agricoles disparaître au profit de très grandes exploitations.

Le héros de ce roman "agricole" est Baptiste, 50 ans à peu près, célibataire, vivant avec sa mère Louise (80 ans) qui est veuve. Baptiste est donc un paysan, propriétaire de 32 hectares, 18 vaches, 2 cochons, 1 jument et des abeilles. Il a une passion pour ses quelques ruches. La basse-cour est l’affaire de sa mère.

Baptiste, au début du roman va avoir un accident avec son tracteur, et sera amputé d’un bras. A son retour à la ferme, les problèmes commencent : comment continuer à exploiter les terres avec un bras en moins ? Il faut vendre le cheptel. Des voisins, exploitant des terres immenses rachetées à d’autres petits paysans, à grand renfort de crédits, vont se porter acquéreurs, et au fil de sombres tractations, faire leur propre prix. L’homme commence par perdre son bras, puis ses bêtes, et enfin ses terrains…

Louise s’inquiète de l’avenir de son fils, et veut le marier. Des sorties au bal, des voyages organisés (dont un à Vichy), vont servir de prétextes pour rencontrer des femmes potentielles… Il est timide, Baptiste, et ne sait pas comment s’y prendre avec les femmes. A cette époque, les femmes ne veulent plus vraiment de mariages arrangés entre les familles pour l’agrandissement des propriétés, et l’affaire se révèle très difficile, même une mère célibataire vivant à Limoges, ne cédera pas aux avances de Baptiste. Les sentiments sont souvent relayés au second plan. Mais durant une bonne partie de sa vie, Baptiste regrettera les quelques petites histoires sentimentales qu’il a connues.

Heureusement, il ne perd pas espoir, et se découvre une passion et un rêve un peu fou, de quoi lui donner la force et l’envie de continuer à vivre et un but à ses journées.
La fin du roman est plus que surprenante.

Ce roman montre une réalité criante de la désertification des campagnes, et une dure réalité de la vie du monde paysan, monde moribond ou même déjà mort.

Jean Marie Chevrier fait une fine analyse, très réaliste, grave et légère à la fois, avec des situations comiques par moments, du monde agricole.
L’auteur garde tout au long du roman une grande humanité envers ses personnages.

Autres titres de cet auteur : 

vendredi 4 novembre 2016

Les éditions Gallmeister

La passion pour la pêche à la truite peut vous mener à l’édition. Vous en doutez ? Alors penchons-nous  sur l’excellente maison d’édition Gallmeister, histoire de vous faire changer d’avis. 

Amoureux de cette discipline, c’est en découvrant Traité du zen et de l’art de la pêche à la mouche de John Gierac, qu’Oliver Gallmeister  constate que les livres qu’il aime ne sont pas traduits en France. Il décide alors de créer, en 2005, sa propre maison d’édition consacrée exclusivement à la littérature américaine pour remédier au problème.
Son ambition ? Faire découvrir aux lecteurs une autre Amérique : celle des grands espaces. Gallmeister introduit alors un genre littéraire nouveau en France "le Nature Writing".


L’un des premiers auteurs publiés se nomme Edward Abbey avec Le gang de la clef à molette (tout un programme). Dénonciation cinglante du monde industriel, ce livre est un hommage à la nature et un hymne à la désobéissance civile. Tout cela précédé d’une préface de Robert Redford, rien que cela.  

Gallmeister a depuis étoffé son catalogue. Venez découvrir, entre autre (il y en a tellement) Lonesome Dove de Larry Mc Murtry, extraordinaire chronique du Far West et véritable bonheur de lecture ; Lucy in the Sky de Pete Fromm sur le parcours initiatique d’une jeune fille vers sa vie d’adulte ; ou encore Wilderness de Lance Weller, premier roman prodigieux sur la violence et les horreurs qui hantent les hommes.


L’éditeur a également développé d’autres collections tels que "Americana" qui donne la parole aux romanciers plus urbains, plus politiques, dont les œuvres n’hésitent pas à bousculer l’Amérique. En témoignent Les Douze tribus d’Hattie, d'Ayana Mathis, premier roman éblouissant sur l’Amérique noire du XXe siècle. 
Mais aussi "Noire", collection de thriller où sévissent les talentueux Craig Johnson, William Tapply, ou encore Matthew McBride, auteur de Frank Sinatra dans un mixeur. Et oui, vous aurez remarqué que les titres sont toujours choisis avec soin !
En bref, les Editions Gallmeister constituent pour moi un véritable gage de qualité. Alors n’hésitez pas à en emprunter. Vous les reconnaîtrez facilement à l’emblème de la maison : une patte d’ours entouré d’un ovale blanc qui est à elle seule une promesse de voyage.

Martine

vendredi 16 septembre 2016

Fairyland de Alysa Abbott

C'est la fin des années 60, les étudiants clament : "Soyez réalistes, demandez l'impossible ! ". 
Barbara Blinder, jeune féministe et Steve Abbott, objecteur de conscience homosexuel, sont amoureux et se marient sans se promettre fidélité. Mais cette union prend vite l'eau, malgré la naissance de leur fille Alysia en 1970. Et bientôt, Barbara meurt laissant un père et sa fille complètement désemparés.
Steve décide alors d'élever seul sa fille mais également de vivre pleinement son homosexualité. Direction San Francisco, quartier de Haight-Ashbury, le centre névralgique de la culture hippie. Commence alors pour eux une vie de bohème sans-le-sou : "San Francisco était notre monde, notre royaume enchanté, notre Fairyland."

Alysia vit une enfance atypique, intensément et maladroitement aimé par son père. Steve la traite comme une adulte et lui présente ses compagnons. Il lui impose de nombreux déménagements dans des appartements minuscules où elle se retrouve souvent seule. Parfois il l'emmène avec lui aux lectures données à la librairie "City Lights". Ensemble, ils côtoient William Burroughs ou Richard Brautigan. 
Car l'écriture est vitale pour Steve. Il devient bientôt une figure de la scène littéraire et militante homosexuelle. L'écriture est également un moyen de communiquer avec sa fille qu'il a bien des difficultés à comprendre au fur et à mesure qu'elle grandit et devient plus intolérante envers lui. 

Fairyland n'est pas une fiction, mais le témoignage poignant et militant d'une femme qui revient sur son enfance. A travers une histoire personnelle, on voit défiler les années 70 à San Francisco à une époque où des hommes et des femmes se battent pour avoir le droit de vivre comme ils l'entendent sans discrimination. On retrouve, d'ailleurs, dans ce livre, toute l'histoire de la communauté homosexuelle racontée dans le film Harvey Milk, premier gay à avoir été élu conseiller municipal en 1977. Et c'est passionnant !




Mais bientôt ce sont les années 80 qui voient la ville basculer dans la tragédie quand arrive l'épidémie
du sida, dont Steve et beaucoup d'autres seront les victimes. C'est d'ailleurs à la mort de son père, qu'Alysia va retrouver ses journaux intimes, une dizaine de cahiers qui lui serviront de base pour écrire ce livre. "Et puis j’ai lu le journal intime de mon père. Et une tout autre histoire a émergé. "

Et cette histoire est une magnifique et bouleversante déclaration d'amour d'une fille à son père qui a assumé sa paternité comme il pouvait."S’il a échoué parfois en tant que parent, son échec était noble. (…) Il fut un pionnier." Alysia nous fait entrer dans leur intimité avec une extrême pudeur qui fait qu'on les accompagne sans jamais se sentir voyeur. 

Pas étonnant que Sofia Coppola ait pour projet de l'adapter au cinéma !


Pour aller plus loin :



Martine

vendredi 2 septembre 2016

Zaï zaï zaï zaï de Fabcaro

Ma première réaction en voyant la bande dessinée Za¨zaï zaï zaï a été : "c'est plutôt vilain". D'ailleurs, de la bouche même du créateur, Fabcaro, la couleur dominante est le "caca d'oie pas très joli".

Et puis, j'ai commencé à lire et très vite, je me suis rendue à l'évidence : cette bande dessinée est tout simplement géniale !

Le point de départ est assez simple : le héros, auteur de bandes dessinées de son état, est sur le point de payer ses courses à la caisse du supermarché. Et là, horreur, il réalise qu'il a oublié sa carte de fidélité. 
Consternation totale dans le magasin. Il a beau arguer qu'il a oublié sa carte dans son autre pantalon, rien n'y fait : on appelle la sécurité et le héros se retrouve obligé de menacer l'assistance avec un poireau avant de prendre la fuite.
Commence ensuite une longue errance pour le héros et un emballement médiatique sans précédent.


Fabcaro s'amuse avec les genres : du polar au road-movie en passant par le conte philosophique avec un merveilleux sens du burlesque et du nonsense britannique. Avec cette bande dessinée, il souhaitait épingler les travers des médias et de la société de consommation :
"[...] ce livre est le plus politique parmi ceux que j'ai publiés jusqu'à présent ! J'y parle indirectement beaucoup de tolérance, d'acceptation de l'autre. J'ai choisi de mettre en scène un auteur de BD, ce qui m'a permis d'utiliser mes propres traits, et de souligner la précarité grandissante de ce statut."
Pari réussi, comme le prouve les planches ci-dessous :



Publiée par 6 pieds sous terre, un petit éditeur basé à Montpellier, Za¨zaï zaï zaï n'est pas passé inaperçu et s'est vu décerné de nombreux prix, dont le Prix des libraires de Bandes dessinées, le Prix Landerneau, le Prix SNCF du Polar et le Grand prix de la critique.
Za¨zaï zaï zaï fait également partie de la bédéthèque idéale de Télérama que je vous invite à parcourir ici.

Une dernière chose : si vous voulez comprendre le titre, il ne vous reste plus qu'à lire cette petite pépite, la réponse se trouve à la toute dernière page !

Cécile