mardi 4 avril 2017

Effets et reflets d'eau - Photographies de Jean Duroux


Du 7 au 26 avril, venez découvrir les œuvres de Jean Duroux, qui vous convie à une promenade photographique au bord de l'eau.

Vous longez peut-être l'Allier tous les jours sans prêter attention au spectacle offert par l'eau mouvante, Jean Duroux, lui, a fixé pour nous ses reflets fugaces et changeants.

Et le résultat est des plus étonnants ! Au premier coup d’œil, on pourrait croire que ces photos sont des tableaux, délicates aquarelles ou enchevêtrement de formes abstraites à la peinture à l'huile. Et pourtant :


"Mes photos ne sont pas des compositions, des créations, ce sont de véritables saisies d'un état fugace de la nature. Si vous avez du mal à reconnaître en elles notre environnement, peut‑être qu'en déambulant au fil de l’eau, en spectateur mobile, aurez-vous plus de chance de plonger dans cette nature mouvante."

Bon voyage !




Infos pratiques :
  • Exposition ouverte du vendredi 7 avril au mercredi 26 avril, aux horaires d'ouverture de la Médiathèque.
  • Vendredi 7 avril, à 18h, vernissage en présence de Jean Duroux
  • Samedi 15 avril, à 14h, visite commentée par le photographe
  • Samedi 22 avril, de 14h à 16h, randonnée photographique avec Jean Duroux. Sur inscription.
Renseignements au 04.70.58.42.50






vendredi 31 mars 2017

Top 5 Romans Mars 2017

Le troisième fils
Et tu trouveras le trésor...
Le peintre disgracié
Une femme au téléphone
Le dimanche des mères

mercredi 29 mars 2017

Après les attentats, écrire l'horreur pour survivre

Comment survivre après ce qui s’est passé lors d’attentats, lorsque on a tout perdu, époux, enfants, amis, êtres chers, ou tout simplement comment vivre après le choc, la sidération, l’incompréhension, le mal-être.

Dans Vous n'aurez pas ma haine, d’Antoine Leiris, tout est raconté sous forme d’un journal, à partir du 13 Novembre 2015. 
Il est à son domicile et garde son fils de 17 mois, Melvil, pendant que son épouse Hélène est partie assister au concert de « Eagles of Death Metal », à la salle du Bataclan. 
Une certaine quiétude règne dans l’appartement, Melvil est couché, et Antoine lit tranquillement en attendant le retour de son épouse. Un simple coup de fil auquel il ne répond pas, un message laissé sur le répondeur va faire basculer la vie d’Antoine et de son fils dans l’horreur. 
Antoine Leiris a passé la nuit du 13 novembre à chercher Luna-Hélène. Il n’apprendra que le 14 novembre à 20 heures qu’elle n’est plus là. "Quelques hommes en colère ont fait entendre leur verdict à coups d’armes automatiques. Pour nous, ce sera la perpétuité", écrit-il.
Le 16 novembre, Antoine Leiris va aller reconnaître le corps de sa femme, à l’institut médico-légal, et il écrit : "Elle est aussi belle qu’elle l’a toujours été… Je pleure, lui parle, j’aimerais rester une heure encore, une journée au moins, une vie peut-être. Mais il faut la quitter. La lune doit se coucher. Le soleil, ce 16 novembre, se lève sur notre nouvelle vie…il était une fois. L’histoire d’un père et d’un fils qui s’élèvent seuls, sans l’aide de l’astre auquel ils ont prêté allégeance".
Le 24 Novembre,  jour des obsèques de son épouse, Antoine Leiris n’emmène pas Melvil, et écrit une lettre au nom de son fils : une lettre pour sa maman, qu’il ne reverra pas.
Quelques jours plus tard, il retourne au cimetière avec son fils, et Antoine Leiris écrit : "Toute ma vie est sous mes pieds".
Malgré le chagrin, malgré la douleur, malgré l’absence, "Nous serons toujours trois", assure-t-il. 

Dès le 16 Novembre, Antoine Leiris publie un post "Vous n’aurez pas ma haine" sur sa page Facebook. Il s’adresse aux terroristes, sans jamais les nommer. Il débute ainsi "Vendredi soir, vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n’aurez pas ma haine".  
Ce message fait  le tour du monde, la Une de plusieurs journaux, (Le Monde et Der Spiegel) et est partagé des millions de fois sur les réseaux sociaux. 
Cinq mois après les attentats, Antoine Leiris publie Vous n’aurez pas ma haine, un journal poignant (du 13 novembre au 25 novembre) récit des douze jours qui ont suivi la mort de son épouse.
Ce court récit montre comment il a dû gérer l’impensable,  l’horreur, le chaos dans sa vie et celle de son fils, et en même temps le quotidien de Melvil, la perte de son amour et de la mère de son enfant. 
Ces quelques pages sont poignantes, pleines de tendresse et d’émotions.
Sans elle, il décide de continuer à vivre.
Pour elle, il décide encore de poursuivre ce qu’elle avait commencé auprès de leur fils, d’installer une certaine normalité de vie, la lecture de livres pour le petit, de la même manière que le faisait son épouse, en sautant les pages trop dures ou en en changeant les fins trop cruelles, établir une playlist de chansons porte-bonheur, le conduire à la crèche, bref, protéger son enfant, et surtout vivre.

Une très belle leçon de vie à chaque ligne de son récit, et un désir de ne pas s’écrouler, voilà ce qu’il ressort du texte d’Antoine Leiris. Continuer.
Cette écriture de ces moments bien précis dans la vie d’Antoine Leiris, peut servir à tous d’exemple.

Coquillette

vendredi 3 février 2017

Top 5 Documentaires février 2017

Silence, ça pousse !
Mes années Panhard
Boxe
Les champignons
Les médicments

vendredi 20 janvier 2017

Michel Bussi

Michel Bussi, auteur de polar et politologue français de 51 ans est également professeur de géographie à l’université de Rouen. Sans faire de bruit, il est devenu l'un des écrivains les plus lus de France.
L’intrigue de la grande majorité de ses romans se déroule en Normandie, sa région de naissance, sauf pour le dernier, Le Temps est assassin, sorti en mai 2016, qui a pour décor la Corse, région d'origine de son grand-père. 
Il débute l'écriture dans les années 1990 avec un premier roman situé à l’époque du débarquement en Normandie. Ce dernier est refusé par l’ensemble des maisons d’édition. Il rédige des nouvelles et s’attelle à l’exercice de l’écriture de scénarios, mais sans succès. Il attendra dix ans pour que l’idée d’un roman, inspiré d’un voyage à Rome au moment du pic de popularité du Da Vinci Code de Dan Brown, s’impose. Ce succès d’édition ainsi que la lecture d’une réédition de Maurice Leblanc pour le centenaire d’Arsène Lupin le poussent à se lancer dans un travail d’enquêteur. De retour à Rouen, équipé de ses cartes d’IGN, il noircit les carnets jusqu’à proposer Code Lupin en 2006. Ce premier roman sera réédité 9 fois. Plusieurs années seront nécessaires pour que ces ouvrages voient leurs ventes s’envoler. Aujourd'hui, il publie environ un livre tous les ans. Ses romans, qui rencontrent un grand succès international, sont traduits dans 31 pays et les droits de plusieurs d’entre eux ont été vendus pour le cinéma et la télévision.


Mon coup de cœur : Les nymphéas noirs

L’action se déroule à Giverny, petit village tranquille où le peintre Claude Monet avait élu domicile. 
Au cœur de l’intrigue :
  • Trois femmes : Une fillette de onze ans douée pour la peinture, une institutrice redoutablement séduisante, et une vieille femme aux yeux de hibou qui voit tout et sait tout. 
  • Un meurtre : le cadavre d’un homme retrouvé dans la rivière. 
  • Un tableau secrètement gardé : Les nymphéas noirs et puis bien sûr une passion dévastatrice.
Tout ceci avec une écriture fluide. Je me suis laissée balader du début à la fin sans rien voir du dénouement. Une belle intrigue !
C’est aussi une balade magnifique dans un paysage merveilleux avec des personnages tellement vivants que j'ai eu l’impression d’être avec eux dans le jardin.

Aimant la peinture et la nature, j’ai apprécié la façon dont l’auteur tisse son œuvre, avec une association de faits réels pertinents et fictifs. Le tout sur fond de toile troublante où le tableau éclot à la fin à la surprise de chacun.
Un thriller que je relirai avec plaisir et une envie profonde d’aller faire un tour du côté de Giverny. Et, avant tout, un livre populaire pour un moment de détente.



A découvrir à la Médiathèque :


Nadège (en stage à la Médiathèque)

vendredi 6 janvier 2017

Yeruldelgger de Ian Manook


Quand on vous dit Mongolie, vous pensez à la steppe, au thé au lait fermenté, aux yourtes et aux visages des nomades ridés par le vent et le soleil ?

Vous trouverez tout cela dans le polar mongol de Ian Manook.
Mais vous découvrirez aussi des choses beaucoup moins plaisantes. Comme, par exemple, la dépouille d'une fillette de quatre ans, enterrée avec son tricycle dans cette steppe immense qui fait tant rêver les occidentaux.
Ou les corps pendus de trois prostituées mongoles, ainsi que les restes (oui, j'ai bien dit les restes) de chinois venus à la capitale, Oulan Bator, pour affaires.

Yeruldelgger est commissaire à Oulan Bator, ville qu'il sillonne de long en large, au gré de ses enquêtes. Solitaire, abîmé par la vie, bourru juste ce qu'il faut, et rusé comme un renard, il fait un personnage de commissaire idéal.
Entouré de ses fidèles disciples : Oyun, son adjointe sans peur et sans reproche, Solongo, médecin légiste et amante du commissaire, et Gantulga, un jeune garçon vivant dans les égouts qui rejoint l'équipe en cours de route, il mène son enquête tambour battant. 

Ian Manook de son vrai non, Patrick Manoukian, a un parcours d'écrivain assez extraordinaire. Jugez plutôt : pendant des années, il écrit plusieurs manuscrits, souvent non terminés, que sa fille cadette découvre au fur et à mesure. Mais un jour, elle refuse de continuer à le lire tant qu'il ne serait pas édité. Par défi, il se fixe un programme d'écriture plus qu'ambitieux : deux livres par an, dans des genres différents à chaque fois. Il publie ainsi en 2012 Le Temps du Voyage, petite causerie sur la nonchalance, et Les Bertignac, roman jeunesse qui obtient le prix Gulli. En 2013, il écrit Un roman brésilien, non encore édité, et enfin, Yeruldelgger,

Il n'avait pas prévu de décliner les aventures du commissaire mongol mais devant le succès rencontré (prix Quai du Polar/20 minutes, prix des lecteurs de Notre Temps, Grand prix des Lectrices ELLE et sélectionné par le prix SNCF du Polar), il publie une suite, Les temps sauvages, et un troisième tome, La mort nomade, qui vient de sortir.


Yeruldelgger appartient à cette lignée de polars que l'on dévore tout autant pour les retournements de l'enquête que pour la découverte d'un pays et d'une société. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si Ian Manook est souvent comparé aux auteurs nordiques qu'ils soient islandais (Arnaldur Indridason) ou suédois (Lackberg, Larsson, Mankell, etc.).

Pour ma part, j'ai découvert une Mongolie bien éloignée de l'image d'Epinal. Un pays raciste, pris en étau entre ses traditions et ses rituels séculaireset un capitalisme florissant mais destructeur, à l'image des paysans qui quittent les steppes pour installer leurs yourtes en bordure de la capitale, le long des autoroutes.

Bref, contrairement à l'auteur qui, dans un billet plein d'humour, nous énumère dix raisons de ne pas lire Yeruldelgger, je ne peux quant à moi, que vous conseiller de vous plonger au plus vite dans ses romans palpitants !






Cécile